{"id":9068,"date":"2015-09-24T23:02:55","date_gmt":"2015-09-24T21:02:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/?page_id=9068&#038;lang=fr"},"modified":"2015-10-04T18:48:45","modified_gmt":"2015-10-04T16:48:45","slug":"pierre-yves-quiviger-la-foret-francaise-de-marc-molk-septembre-2008","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/peinture\/textes\/pierre-yves-quiviger-la-foret-francaise-de-marc-molk-septembre-2008\/","title":{"rendered":"Pierre-Yves Quiviger, \u00ab La for\u00eat fran\u00e7aise de Marc Molk \u00bb, septembre 2008"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1439818767254{background-image: url(http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/fond-rayures-1sur3-gauche.jpg?id=1445) !important;}\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_text_separator title=\u00a0\u00bbPierre-Yves Quiviger\u00a0\u00bb subtitle=\u00a0\u00bb\u00ab La for\u00eat fran\u00e7aise de Marc Molk \u00bb, septembre 2008&Prime; style=\u00a0\u00bblarge\u00a0\u00bb align=\u00a0\u00bbright\u00a0\u00bb margin=\u00a0\u00bb30&Prime;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime;][vc_column_text]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0015.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je crois que je n\u2019oublierai jamais l\u2019apr\u00e8s-midi o\u00f9 Marc Molk m\u2019a montr\u00e9 ce tableau, presque achev\u00e9, dans son atelier. J\u2019\u00e9tais debout, un peu tremblant, la voix cass\u00e9e, et il me disait \u00ab \u00e7a s\u2019appelle La lib\u00e9ration sexuelle \u00bb. Et je voyais bien qu\u2019il y avait une femme jambes \u00e9cart\u00e9es, avec l\u2019origine du monde ; je voyais bien sa vulve offerte contrastant avec le haut de son corps inaccessible derri\u00e8re la couronne d\u2019\u00e9pines et son visage en larmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0017.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais avant de voir cette femme, j\u2019ai vu son double, derri\u00e8re, et l\u2019arri\u00e8re-pays, comme dans le livre d\u2019Yves Bonnefoy, de 1972, l\u2019ann\u00e9e de naissance de Marc Molk. J\u2019ai vu la for\u00eat fran\u00e7aise comme je ne l\u2019avais pas vue depuis Watteau ou Boucher \u2013 nuage-vulve, for\u00eat-matrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0020.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ordre et d\u00e9sordre du tronc, des branches, des feuilles, t\u00e2ches pens\u00e9es, secrets. C\u2019est un tableau si \u00e9videmment fran\u00e7ais, de ce pays de paysans, o\u00f9 la ville n\u2019existe que par rapport \u00e0 la campagne, o\u00f9 l\u2019urbanit\u00e9 est toujours un peu fausse. La lumi\u00e8re du soleil, le soleil lui-m\u00eame, n\u2019existe que derri\u00e8re l\u2019arbre, \u00e0 droite du tableau. Chaque branche conduit \u00e0 un autre monde, porte dissimul\u00e9e. Non, je n\u2019avais pas vu une telle for\u00eat depuis le XVIII\u00e8me si\u00e8cle, une telle ouverture vers la sauvagerie et la sexualit\u00e9 franche au c\u0153ur de l\u2019ordre du monde, une telle m\u00e9lancolie \u2013 l\u2019inverse de la for\u00eat vierge : la for\u00eat libertine, philosophique. Entre le visage de la V\u00e9nus en fourrure et le tronc de l\u2019arbre, des feuilles d\u2019un vert presque noir vivent leur vie de feuilles, entre un exemple leibnizien \u2013 principe des indiscernables : pas deux feuilles identiques, pas deux \u00eatres semblables, pas deux femmes qui se ressemblent, chacune un monde, chaque histoire avec chaque femme, chaque seconde avec chaque femme, un vertige nouveau, un territoire \u2013 et des \u00e2mes damn\u00e9es hurlant dans les chaudrons de l\u2019enfer, h\u00e9sitant entre s\u2019empaler sur les \u00e9pines ou rejoindre le sol, les racines, et retourner \u00e0 soi. La femme ressemble aux h\u00e9ro\u00efnes des films de Catherine Breillat, ainsi Caroline Ducey, dans <em>Romance<\/em>, attach\u00e9e par Fran\u00e7ois Berl\u00e9and, et pleurant de bonheur d\u2019avoir enfin connu l\u2019apaisement des liens. For\u00eat fran\u00e7aise, mais aussi for\u00eat japonaise, \u00e9videmment \u2013 la couronne d\u2019\u00e9pines est moins chr\u00e9tienne que shibari, comme dans ce beau XVIII\u00e8me si\u00e8cle fran\u00e7ais si fascin\u00e9 par <em>le Dit du Genji<\/em>, dont les sc\u00e8nes ornent tant de meubles d\u2019art. Un jour, Molk peindra Marie-Antoinette, il n\u2019a pas le choix, c\u2019est son sujet, tout le conduit \u00e0 cela \u2013 une Marie-Antoinette bondage, cela va sans dire. Oui, la couronne d\u2019\u00e9pines est pleine de n\u0153uds, enroul\u00e9e, et le bleu qui entoure chaque \u00e9pine est moins le bleu sanglant du ciel de Bataille que celui de la peau laiteuse serr\u00e9e par la douce corde. Ce sont des \u00e9pines qui ne font pas saigner mais qui font pleurer de joie, qui fr\u00f4lent et griffent en surface mais ne font pas couler le sang.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0018.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La femme au centre du tableau n\u2019est pas triste, enfin\u2026 elle n\u2019est pas plus triste que n\u2019importe quelle princesse, courtisane ou petite paysanne du XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Elle est dans la douleur joyeuse de la compr\u00e9hension des choses. Le monde qui l\u2019entoure ne lui est pas ext\u00e9rieur, elle en est la manifestation la plus vivante, le charmant reflet br\u00fblant. Sur sa droite, on retrouve un sexe, immense et ferm\u00e9, sans poils, toison vierge, contrastant avec sa motte, en haut de ses cuisses un peu grasses, comme ses mollets et ses chevilles (on ne sort pas, non, pas du tout, du si\u00e8cle) : sexe nu et \u00e9pil\u00e9 de femme debout, aussi grand que la totalit\u00e9 du corps de l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Du jaune, du rose, de l\u2019orange, et, enfin, du noir et du vert, comme s\u2019il fallait construire la continuit\u00e9 de la for\u00eat et de la f\u00e9minit\u00e9 (on songe \u00e0 Beauvoir, dans <em>les M\u00e9moires d\u2019une jeune fille rang\u00e9e<\/em>, \u00e0 la d\u00e9couverte de la sensualit\u00e9 dans la terre, les arbres, le vent, les champignons et la ros\u00e9e). A sa gauche, o\u00f9 le marron et le beige du tronc deviennent du rose et les branches noires du bleu Chagall, le trait se disperse et devient mouill\u00e9. C\u2019est l\u2019au-del\u00e0, qui n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus l\u2019arri\u00e8re-pays. Si on s\u2019occupe des racines, si l\u2019on abandonne la transcendance pour redevenir terrien, paysan, on voit que l\u2019arbre para\u00eet sans racines, justement. Dans cette mousse presque vaporeuse qui fait le lien entre le manteau de fourrure et le tronc de l\u2019arbre, on ne devine rien qui fasse tenir un arbre aussi d\u00e9raisonnable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0019.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le manteau de fourrure conduit \u00e0 l\u2019espace de l\u2019artifice et du jeu. Pas d\u2019animal \u00e0 poil bleu, pas de cuir rose (il n\u2019y a pas de doublure, le manteau est port\u00e9 \u00e0 cru) aussi liquide, plein de vagues, dans la \u00ab vraie vie \u00bb. Le bassin, la vulve, les cuisses, les mollets, les chevilles, le pied droit sont en-dessous de la couronne d\u2019\u00e9pines bondage ; alors que le haut du corps est interdit de contact avec l\u2019air par la gr\u00e2ce des n\u0153uds et des \u00e9pines, les jambes \u00e9cart\u00e9es reposent sur le manteau d\u2019un ours imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0021.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le corps li\u00e9 conduit \u00e0 la jouissance, \u00e0 la m\u00e9taphysique (c\u2019est la m\u00eame chose), \u00e0 une r\u00e9invention du corps \u2013 recr\u00e9ation artificielle de la naturalit\u00e9, de la violence, de la soumission, de la domination, corps d\u00e9construit ; le corps lib\u00e9r\u00e9 a besoin, lui, de travailler la naturalit\u00e9 de l\u2019artifice pour jouir, par l\u2019imagination, d\u2019une autre m\u00e9taphysique, plus c\u00e9r\u00e9brale, moins sensuelle, corps double. Le manteau n\u2019existe que \u00ab dans la t\u00eate \u00bb, c\u2019est un manteau de volcan (int\u00e9rieur) et de tornade (ext\u00e9rieur) \u2013 le peintre manifeste ce qui surgit du corps lib\u00e9r\u00e9, ce qu\u2019invente le corps lib\u00e9r\u00e9, son activit\u00e9. Qu\u2019il soit de fourrure conduit \u00e0 Sacher-Masoch et \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une soumission qui est la plus grande des dominations, selon la formule bien connue, dans la mesure o\u00f9 cette soumission est invention de l\u2019abandon, volont\u00e9 de la fin de la volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_laliberationsexuelle_0022.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a une for\u00eat qui enferme et une for\u00eat qui lib\u00e8re, une for\u00eat qui m\u2019accueille et une for\u00eat que je fais surgir. Mais ce corps double \u2013 ou plut\u00f4t triple : le corps r\u00e9el, le corps symbolique (li\u00e9), le corps imaginaire (lib\u00e9r\u00e9) \u2013 est celui d\u2019une seule femme, jeune et vieille (ses cheveux sont aussi bien bruns que blonds ou blancs), mince (taille presque corset\u00e9e, hanches peu pleines) et ronde (cul, cuisses, seins), heureuse et malheureuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tableau s\u2019appelle <em>La lib\u00e9ration sexuelle<\/em> \u2013 on l\u2019aura compris : c\u2019est un pl\u00e9onasme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_la3emerepublique_0023.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La for\u00eat fran\u00e7aise de Marc Molk, c\u2019est enfin <em>La troisi\u00e8me R\u00e9publique<\/em>. Je ne sais pas si Molk va finir le tableau ; en r\u00e9alit\u00e9, j\u2019esp\u00e8re que non. Il est infiniment japonais et sylvestre en l\u2019\u00e9tat, et il faut que cela reste ainsi. Peut-\u00eatre quelques traits jaunes sur le bouquet de mimosa, au centre, mais, sinon, il n\u2019y a rien \u00e0 retoucher ou \u00e0 ajouter ; ajouter serait ici soustraire de la puissance et de l\u2019\u00e9vidence. Je vois les choses ainsi : Marc Molk a pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 se construire, \u00e0 se rater, \u00e0 s\u2019essayer et puis, un jour, comme les vieux, il a compris. Il a compris que les choses \u00e9taient finies, achev\u00e9es, compl\u00e8tes. Cela lui a permis de commencer \u00e0 comprendre \u00e0 peu pr\u00e8s comment \u00e7a marche, une femme, et c\u2019est <em>La lib\u00e9ration sexuelle<\/em> \u2013 et c\u2019est facile : \u00e7a marche comme un monde, un reflet de la totalit\u00e9 du monde, \u00e7a n\u2019est pas un morceau du monde, comme les hommes, c\u2019est un monde, une lecture du monde, d\u2019o\u00f9 une plus haute libert\u00e9, une plus grande instabilit\u00e9, une plus grande capacit\u00e9 \u00e0 l\u2019acceptation. Ensuite, il a pu devenir vieux et sage et serein (enfin presque) : et il commence ainsi \u00e0 accepter ce qui le terrifiait avant, la mort, la corruption des choses, l\u2019irr\u00e9versible. <em>La troisi\u00e8me R\u00e9publique<\/em> est le tableau d\u2019un mort comme <em>La lib\u00e9ration sexuelle<\/em> est le tableau d\u2019une femme, g\u00e9nitif objectif et subjectif dans les deux cas : Molk s\u2019est fait femme pour peindre <em>La lib\u00e9ration sexuelle<\/em>, il s\u2019est fait mort pour peindre <em>La troisi\u00e8me R\u00e9publique<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_la3emerepublique_0024.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etre mort, c\u2019est ne plus avoir besoin de la couleur. C\u2019est : quelques traits, de plus en plus fins, la toile dans sa blanche tendresse \u00e9pur\u00e9e. Le tronc n\u2019est pas mort, mais les feuilles sont tomb\u00e9es, les choses continuent apr\u00e8s, ce n\u2019est pas grave, c\u2019est m\u00eame plut\u00f4t rigolo. Marc Molk prend un pinceau, il suit l\u2019ordre du monde, il s\u2019incline, il est r\u00e9sign\u00e9. Il ne fait rien, il ob\u00e9it. Il est calme, enfin. Il ne pense \u00e0 rien. Peut-\u00eatre qu\u2019il pleure quand il arrive \u00e0 peindre le moment o\u00f9 la brindille morte se d\u00e9tache de la branche et tombe sur le sol mais reste quelques secondes en suspens. Il est alors comme le po\u00e8te du <em>Fusil de chasse<\/em> d\u2019Inou\u00e9 qui aper\u00e7oit le \u00ab lit de torrent bl\u00eame \u00bb dans la promenade du chasseur, au loin, ou comme Barthes, dans <em>L\u2019empire des signes<\/em>, qui comprend enfin le pouvoir du silence et de la sobri\u00e9t\u00e9, lui qui a tant \u00e9crit et parfois si complaisamment. Mon dieu, comme ce tableau est diaboliquement japonais, comme on sent dans chaque geste du peintre la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 des gestes anciens, lentement construits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/marcmolk_la3emerepublique_0026.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si on n\u2019a pas vu grand-chose d\u2019int\u00e9ressant en France apr\u00e8s le XVIII\u00e8me si\u00e8cle, sinon deux ou trois singularit\u00e9s par-ci par-l\u00e0 (Gauguin, Proust, etc.), c\u2019est peut-\u00eatre par oubli du Japon, par crainte plus g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019asianisme et obsession de l\u2019atticisme. Il y a un art admirable du trait dans ce tableau : on suit chacun comme une route conduisant non pas \u00e0 un monde, cette fois, mais \u00e0 une fin. Il y a mille petites morts dans ce tableau qui semble dire \u00e0 la couleur (sauf, peut-\u00eatre, le mimosa, on verra bien, c\u2019est lui qui peint, moi je ne fais que r\u00eaver autour) \u00ab ne me touche pas, je suis plus beau de n\u2019\u00eatre pas touch\u00e9 par la couleur, je suis comme une fleur de cerisier japonais port\u00e9e par le vent ou comme la rose de Malherbe consolant Du Perrier, qui \u00e9tait l\u00e0 avant ta naissance et qui sera l\u00e0 m\u00eame apr\u00e8s la mort de tes enfants et qui, pourtant, n\u2019existe que le temps d\u2019\u00eatre saisie par ton pinceau \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je vois cela ainsi (donc) : Marc Molk peint chaque trait, puis il s\u2019assoit sur le sol de son atelier, le cul \u00e0 m\u00eame le sol (comme moi, \u00e9crivant ce texte, en ce 18 septembre 2008), il boit un peu de th\u00e9, il est content, il a fait un long chemin, il a parcouru tout entier le long chemin de la vie, maintenant il est mort (fa\u00e7on satori) \u2013 autrement dit : il va tr\u00e8s bien et il vous embrasse et il pense \u00e0 vous.<\/p>\n<p>[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1439818446419{background-image: url(http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/fond-rayures-1sur1.jpg?id=1447) !important;}\u00a0\u00bb][vc_column_text]<div class=\"printfriendly pf-button  pf-alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/peinture\/textes\/pierre-yves-quiviger-la-foret-francaise-de-marc-molk-septembre-2008\/?pfstyle=wp\" rel=\"nofollow\" onClick=\"pfTrackEvent('Pierre-Yves Quiviger, \u00ab La for\u00eat fran\u00e7aise de Marc Molk \u00bb, septembre 2008'); return false;\" title=\"Printer Friendly, PDF & Email\"><img class=\"pf-button-img\" src=\"https:\/\/cdn.printfriendly.com\/buttons\/print-button-gray.png\" alt=\"Print Friendly, PDF & Email\" style=\"width: 66px;height: 24px;\"  \/><\/a><\/div>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime; css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1439818767254{background-image: url(http:\/\/www.marcmolk.fr\/neo\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/fond-rayures-1sur3-gauche.jpg?id=1445) !important;}\u00a0\u00bb][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/3&Prime;][vc_text_separator title=\u00a0\u00bbPierre-Yves Quiviger\u00a0\u00bb subtitle=\u00a0\u00bb\u00ab La for\u00eat fran\u00e7aise de Marc Molk \u00bb, septembre 2008&Prime; style=\u00a0\u00bblarge\u00a0\u00bb align=\u00a0\u00bbright\u00a0\u00bb margin=\u00a0\u00bb30&Prime;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb2\/3&Prime;][vc_column_text] Je crois que je n\u2019oublierai jamais l\u2019apr\u00e8s-midi o\u00f9 Marc Molk m\u2019a montr\u00e9 ce tableau, presque achev\u00e9, dans son atelier. J\u2019\u00e9tais debout, un peu tremblant, la voix cass\u00e9e, et il me disait \u00ab \u00e7a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":2021,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/9068"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9068"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/9068\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9169,"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/9068\/revisions\/9169"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marcmolk.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9068"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}